Haiti, perle des Antilles- MICH VERDIER - juillet 2011




Haiti la perle des Antilles… juillet 2011

Après 4 jours et demi de mer formée, vent arrière, nous arrivons avec une forte brise vers minuit à l’entrée du mouillage du pirate Morgan, île à Vache, Haiti. Il fait nuit noire. Il n’y a pas d’électricité sur l’île, pas de balise d’approche. Les fonds remontant rapidement, nous mouillons la pioche en aveugle, très près de la côte pour trouver  l’abri du vent pour la nuit.

Au petit matin, je sors la tête par le panneau de pont pour découvrir l’endroit. Il est magnifique. Cocotiers sur la plage de sable dans une petite baie qui se termine par un trou à cyclone bordée d’une mangrove ; des habitations un peu délabrées mi en dure mi feuilles de cocotiers sont éparpillées ici et là. Mon équipage se réveille doucement de la fatigue accumulée pendant cette traversée musclée.

Les habitants sont déjà sur la plage. Nous l’apprendrons peu de temps après c’est samedi et une course de bateaux de pêche est prévue pour 11 heures. Il va sans dire qu’ils naviguent toujours à la voile ici, avec des canots qui ressemblent fort à ce qu’ils devaient être il y a 200 ans. Les gens sont adorables. Les jeunes viennent nous voir avec leurs pirogues en bois, planches à voiles et autres objets flottants pour nous souhaiter la bienvenue.

Nous décidons de repousser notre mission orphelinat à l’après midi pour assister a la course. Notre mission étant bien sûr, de prendre contact avec Sœur Flora de l’orphelinat de l’île afin de convenir d’un moyen pour lui remettre notre cargaison embarquée en Martinique, nombreux sacs de vêtements, lait en poudre etc. …

L’ambiance est extraordinaire. Tout le village s’est rassemblé sur la plage. Les canots, une bonne vingtaine de 7 a 8 mètres de long sont prêts à appareiller. Ils sont pour le moment au mouillage sur leur ancre à jas. Les grands voiles immenses sont déjà hissées. Les cris fusent, les esprits s’échauffent. Les focs sont prêts à être envoyés. Le départ est donné ; la brise est fraîche et les bateaux s’élancent au près vers le large. L'équipage au nombre de 4 cale des gros espars dans les lisses afin de faire contrepoids. Les bômes sont au ras des vagues et les deux ou trois équipiers au vent se retrouvent à au moins 3 mètres au dessus de l’eau. Leur dextérité est surprenante. Ce sont de vrais marins pêcheurs qui forcent le respect. Nous essayons de les suivre quelques temps mais l’état de la mer nous oblige a faire demi-tour. Leurs canots ne sont pas des engins de plage. Chapeau bas les gars.

Nous faisons de magnifiques photos

L’après midi sac à dos et sandalettes aux pieds, nous partons accompagnés de notre guide KIKI au travers d’un sentier très accidenté vers l’orphelinat qui se situe a environ une heure et demi de marche de port Morgan. La balade est magnifique. Nous escaladons des collines. Nous longeons des champs de maïs, et des habitations puis nous retrouvons le bord de mer où il faut marcher dans l’eau. Nous traversons des mangroves où il faut sauter pour ne pas s’enfoncer dans la boue. Apparemment, c’est quand même la grand rue de l’île car nous y croisons un grand nombre de personnes qui se saluent toutes au passage en Français bien sûr.

Nous arrivons enfin à l’orphelinat. La sœur est absente. Elle est a la messe. Nous en profitons pour visiter les lieux. Il y a une quarantaine d’enfants dont la moitié sont des handicapés lourds. Les petits  nous entourent, nous sourient. Ils lèvent leurs bras pour que nous les attrapions. Ils tendent leurs mains et attrapent les nôtres pour ne plus les lâcher. Ils nous suivent partout. Leurs teeshirts sont sales, leur nez coulent. Ils ont un énorme vide d’amour et de tendresse et se raccrochent à nous, difficile de rester insensible… Nous sommes accueillis par Guillaume, un jeune Français d’une vingtaine d’années venu donner 1 an de sa vie ici. Il part prévenir Sœur Flora qui arrive peu de temps après. Surprenant petit bout de femme de 70 ans, très maigre dans sa robe toute blanche, pas de ride sur le visage, les cheveux tirés en arrière, elle gère cet endroit d’une manière remarquable. Elle se bat contre les problèmes financiers, les problèmes administratifs, les problèmes d’intendance, le manque de couches culottes, et de nourriture, le choléra qui a tué quelques petits, la nonchalance des habitants et des employés, sa fatigue personnelle voire son épuisement qu'elle n’écoute pas, et j’arrête ici car la liste serait trop longue. Ces personnes forcent le respect, comment pourrions-nous nous plaindre après avoir vu cela ? et comme les autres fois bien sûr notre démarche apparaît comme un verre d’eau dans l’océan. Rendez vous est pris pour le lendemain. Ils viendront avec leur canot récupérer notre cargaison par la mer, évidemment il était impossible de le faire par le sentier.

Quelques jours plus tard le 14 juillet

Voilà, ici le temps passe vite. Nous avons toujours quelque chose à faire entre les habitants qui viennent nous voir pour nous demander quelque chose où nous vendre ce qu’ils peuvent. Les enfants sont partis deux jours avec les orphelins pour dormir sur une plage. Ils se sont rendu compte des difficultés et du décalage par rapport a leur vie. Nous avons loué lundi un voilier pays pour remonter au vent jusqu'au village « Madame Bernard » à 4 ou 5 milles d’ici. Le marché est très pauvre, les poissons mis en vente ne dépassent pas quelques centimètres. La mer n’a plus de poissons. Ceux-ci  n’ont pas le temps de se reproduire : surpêche, pas de gestion, pas de réserve, pas de décision et trop de nonchalance, et toujours cette idée «  A la Grâce de Dieu ». Le Haïtien est toujours dans l’attente des aides extérieures alors qu’il y a tant de possibilités ici.

Aujourd’hui nous partons. Normalement, si nous arrivons à mettre la main sur le capitaine avec qui nous avions rendez vous avec le « Sen Charitab » (en créole ce qui veut dire Saint Charité) nous allons sur une petite  île proche dans un cadre magnifique habitée par quelques pêcheur, 300 âmes sur un banc de sable

18 juillet

Aujourdhui je suis à Kingston en Jamaique pour quelques jours afin de ravitailler avant de mettre le cap sur le Honduras. La Francoise se porte bien. Bises a tous

Mich

 

 

 

enfin des nouvelles

Salut Michel , je suis très heureux d'avoir enfin retrouvé ta trace sur ce site .J'ai suivi ton périple en Antarctique et j'ai eu cet été de tes nouvelles à Port Camargue par Daniel et Claude (anciens du Kim). Je n'ai pas voulu te joindre sur ton portable car je pense que le coût doit être prohibitif !!(si possibilité pas cher dis le moi !)
J'ai également fait partager ton parcours en Antarctique à Jacques Jagla en lui indiquant ce site ;inutile de te dire que tes récits l'ont enchanté .Je vais l'avertir pour qu'il vienne découvrir celui ci dont le contenu qui venant de toi , n'a rien de surprenant et ne peut laisser indifférent .

Continue à nous faire partager ces moments magiques .

Amicalement
Gérard

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