Philippe L partage volontiers son savoir-faire et notre homme est du bâtiment …. de mer. Jouer du pinceau est un art qu’il maîtrise.
Hors, poser un vernis, c’est pas d’la tarte. Trop liquide ou trop épais !  Comment savoir ? Pinceau trop imbibé ou pas assez ? Gros paquets par endroits, zut, le pinceau s’y colle. Le vernis va-t-il s’étaler au séchage ? Pourvu que ça cloque pas !  Après trois au quatre couches l’aspect du bois est propre, mais franchement c’est pas une réussite. Ne nous cassons plus la tête. Nous avons un artisan génial au CVM. C’est Philippe .
Philippe, au secours je patine dans le vernis ! Voilà, il arrive.
Il dit,
– Première étape, raclage.
Il fait la grimace , ce mot ne lui plaît pas. Étape obligée pourtant sur du vieux bois déjà traité, mal traité ou maltraité. Philippe se débarrasse de la corvée en quelques mots.
         – N’hésitez pas. Décapez et raclez. C’est un boulot à haut risque sur du bois plaqué. Si ça vous gave, faites comme moi,
travaillez sur du neuf  »
Et vlan ! Péremptoire et vrai, tel est notre spécialiste du jour.
Maintenant le vrai boulot commence, en deux étapes. Ponçage-étalage. Les étapes vont devenir alternatives. Philippe se rengorge, le voilà dans son domaine.
Pour le ponçage, deux types de papier de verre sous la main. Notre spécialiste en aurait-il compté les grains ? Allez savoir avec un puriste de cet acabit. Il est ferme et définitif.

Il dit,
– Premier tour au 120 pour éliminer les copeaux de votre raclage ou pour sublimer votre bois neuf. Ensuite les finitions se
feront au 220.
Pas un grain de plus, pas un grain de moins. Si vous l’avez dans la tête, (le grain) laissez tomber.
Pour l’étalage, un bon vernis et un bon pinceau.

Il dit,
– Pour l’application attention au choix du pinceau.
Pas de pinceau HD même si c’est la grande mode, comme chacun sait, le HD n’est pas au point. (HD =Hard Discount)
          – Donc un vrai pinceau bien soyeux (poils de soie), doux,bien jeune, pas à moitié chauve, ou atteint de calvitie galopante. Un vrai outil de travail quoi !
Voilà vous savez tout.

Exercice pratique. Je vous livre sa stratégie.

  • Ponçage au 120. Le bois devient lisse, tendre, pas l’ombre d’une poussière.
  • 1ère application. Vernis dilué à 10/20 % quasi liquide. Le bois va boire, boire, boire, boire. C’est la fiesta pour le bois.
  • Après séchage bien dur, nouveau ponçage au 220 cette fois.
  • Application du vernis dilué à 5 % (faut quand  même que ça couvre) 

Il dit :
– Les deux dernières étapes doivent être renouvelées au moins trois fois. Plus vous ferez de ponçage au 220, plus vous ferez d’applications diluées à 5 %) , plus beau sera votre vernis »
Je crois que lui, il en fait jusqu’à 7 ou 8. Non, il est pas fou Philippe ! Il paraît qu’il en fait plus ? Ah bon, p’t-être qu’il est un peu fou finalement.
L
a dernière application se fera sur vernis amoureux. (comme un qui collerait quelque peu aux doigts)  Il en peut plus votre vernis d’attendre. Vous avez soigneusement appliqué votre ultime couche préparatoire dilué à 5 %, c’est l’état « mouille-mouille », (dites-pas que vous connaissez pas, j’vous croirai pas), bien entendu à ce stade là, on n’a plus la malséance de poncer. Revenez-y comme vous savez faire, tout en douceur pour votre ultime couche de vernis.

Voyez ce bois plus beau, plus lisse, plus riche que du marbre…
P
our un peu, on l’entendrait soupirer d’aise

N .B.

  • Nous n’avons pas parlé du choix du vernis : mono-composant ou  bi-composant ? Si vous demandez au vendeur, malhonnête ou/et incompétent, il vous dira partiellement ce qui est écrit sur le pot, alors apprenez à lire, c’est plus sûr. S’il est honnête il vous orientera vers l’un ou l’autre parce que c’est le plus cher. Est-ce un critère fiable ? A vous de voir. Il ne s’agit pas aujourd’hui du « savoir faire les courses »
  • Quant au geste d’application, évitez d’enfoncer le manche du pinceau dans le bois. Le poignet doit être souple, sous forme de caresses et en diagonales croisées.
  • Respectez impérativement les consignes de :
    – températures idéales. (elles sont toujours précisées sur les pots. Le meilleur moment étant le matin)
    – humidité de l’air. (Ne travaillez pas tard le soir, gare à l’humidité de la nuit avant que votre vernis soit sec)
    – temps de séchage (il ne s’agit pas de poncer sur du vernis qui va « empéguer » votre papier et votre surface de travail.

Le cerisier du jardin de Philippe :
(cerises sur le gâteau)

  • Si vous travaillez en endroit clos, si vous ne voulez pas avaler, inspirer ou vomir vos poussières de ponçage, utilisez un abrasif à l’eau (600) le plus fin possible. C’est vraiment le top du top… Votre bois va adorer et vous aussi. Autant communier dans le plaisir.
  • Première étape d’imprégnation, utilisez une résine très liquide. (époxy). Elle va durcir le bois à l’intérieur des fibres. Il vous suffira de poser une couche diluée à 5 %, une couche amoureuse, et votre couche de finition…
  • Appliquez de préférence au pinceau. Comme Philippe (artiste de haut niveau a dit) en croisant bien les mouvements.

 

Merci Philippe !